Cybersécurité : politologie de l’espace virtuel

Citizenlab de l’Université de Toronto, lié au Munk Centre for International Studies, fait 3 propositions pour la préparation du Canada à la cyberguerre :

1. Canada should leverage its position among the G-8 to convene a meeting of major powers to formulate a Treaty of Cyberspace recognizing that this domain is now of equal importance to that of land, air, space and sea. The preamble of this treaty should make it clear that cyberspace is a valuable global commons that should be protected and preserved for citizens of the world

Intéressant: on s’emploie toujours à se représenter le «cyberespace» comme un espace équivalent à la surface du territoire ou à l’espace. C’est une conception erronée qui peut mener à beaucoup d’erreurs pratiques et surtout au traitement des informations qui sont à la base de ce «cyberespace» comme une chasse gardée des gouvernements et des multinationales qui y ont des intérêts particuliers.

2. Canada should take a leading role in defining international mechanisms for dealing with cyber incidents at a global level, including: cyber crime, denial of service attacks, viruses and cyber espionage networks of the type we encountered in Ghost-Net. None of the existing institutions — from Interpol to the Cyber crime Convention to NATO’s CyberCentre of Excellence to The ITU’s IMPACT — are properly established or mandated for the exchange of information and best practices required in this area

Encore une tendance vers une contrôlabilité accrue d’Internet, ce qui engendrera d’inévitables conflits au niveau du copyright, de la liberté d’expression et de communication, etc. Au nom de protéger une chose, on risque d’en transformer les principales caractéristiques qui font qu’elle est désirable.

3. Canada needs a foreign policy that explicitly includes cyberspace as a means for projecting Canadian values. This should include research and development into cyber technologies that promote free speech, privacy and access to information.

Il y a flottement dans la formulation: est-ce qu’il s’agit des valeurs de liberté d’expression, de vie privée et d’accès à l’information, ou sont-ce là que des exemples des «valeurs» qui doivent être défendues (le paragraphe dit, «should include» )? S’il y a d’autres valeurs non explicites, il s’agit de la bonne vieille utilisation des technologies de communications à fins de propagande. D’une manière ou d’une autre, et qu’on soit d’accord ou non avec les principes défendus, il s’agit encore de demander au gouvernement de contrôler davantage Internet.

A propos S. Leman-Langlois

Titulaire, Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque
Cet article a été publié dans Canada, Cybercrime, cybersécurité, Surveillance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s