Néo-nazis en faveur de la liberté d’expression

Situation difficile à déméler. Tout le monde est pour la liberté d’expression, comme pour la tarte au pommes et pour le bonheur. Cependant, lorsqu’on se retrouve coude à coude à aider des néo-nazis comme Marc Lemire et son «FreedomSite» (ancien site d’Ernst Zundel) pour qu’il puisse disséminer son fiel au plus de gens possible, une sorte d’inconfort s’installe — c’est le moins qu’on puisse dire.

De plus, dans ce cas s’opposer au néo-nazi signifierait s’allier à la Commission canadienne des droits de la personne, qui se met de plus en plus les pieds dans les plats depuis qu’elle s’est donné la mission de pourfendre tous les moulins à vent d’Internet et d’ailleurs.

Charybde, ou Scylla?

Le Ttribunal canadien des droits de la personne a décidé pour les néo-nazis. Dans son jugement, le Tribunal  déclare même que la section 13 de la Loi sur les droits de la personne est contraire aux dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés du citoyen relatives à la liberté d’expression. Le tribunal a jugé significatif les faits suivants:

  1. Lemire n’est que propriétaire et administrateur du site; en général les messages haineux provienne des membres qui affichent des messages sur les babillards; or, Lemire n’est pas au courant de ce qui s’y passe
  2. Les crawlers de google et al n’indexent pas le contenus des babillards, donc leur diffusion est restreinte
  3. La loi, dans son esprit, n’était pas pénale et ne visait pas à punir les transgression, seulement à servir de base à une solution négociée
  4. FreedomSite n’a pas à se plier à des mécanismes logiciels de filtrage de son contenu, surtout parce que ces lociels ne sont pas au point

En fait, tout comme les FAI ne sont que des canaux et ne sont pas responsables des activités des internautes, FreedomSite ne serait qu’une opportunité de communication dont le contenu est la responsabilité des visiteurs.

La beauté de tout ça, pour Lemire et son FreedomSite, c’est qu’il peut couvrir son site d’articles sur la liberté et s’envelopper dans le drapeau des droits de la personne — un peu comme Larry Flynt, qui  était devenu le chevalier défenseur des valeurs étatsuniennes lorsque poursuivi par un télévangéliste qui n’avait pas apprécié être la tête de turc des blagues (passablement dégoûtantes) de Penthouse. En fait, le site de Lemire ne mentionne pratiquement plus le CONTENU pour lequel il requiert tant de liberté. La plupart des articles et photos croustillants (saluts nazis, hommages à des suprémacistes violents et au KKK, etc.) ne sont plus disponibles sur le site…

A propos S. Leman-Langlois

Titulaire, Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque
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